De 1997 à la moitié de l'année 2004, nous avons cultivé une amitié haute en couleurs, faite de discussions sans fin, d'avis partagés, de fous rires, de livres graves, de disputes sans lendemain, de goûts et dégoûts en commun.
Elle a trouvé une place de choix dans la galerie qu'il a créée : Astarté.
 
 
 
Galerie Astarté Jean Michel BLOCH

C'est au nom de l'amitié qui nous liait, du respect que nous nous sommes porté et de l'amour de l'Art, que je ne conçois pas l'existence de ce site sans un hommage à Jean-Michel Bloch, « galérien » de la peinture, comme il aimait à se présenter.
Parler de lui au passé est une habitude difficile à prendre après moins d'une année depuis la maladie qui l'a emporté sous nos yeux, brusquement, cruellement, empêchant ainsi l'épicurien, le poète intransigeant et l'homme de parole qu'il était, d'emporter au paradis des artistes quelque douceur ou volupté pour le palais, l'oreille et l'esprit qu'il avait si fins. Jean-Michel me semblait un homme d'un autre temps, soucieux de sa parole d'homme, de citoyen, de juste, un cousin de Don Quichotte, égaré entre ce siècle qui n'en finissait pas de s'éteindre et le nouveau qui pointait ses rayons d'espoirs chimériques. Rappeler que les peintres ont quelques difficultés àse faire voir (sinon ailleurs) , entendre , connaître et respecter serait redondant et inutile ; Mais se souvenir de cet homme dépourvu de ce cynisme mercantile propre à la profession de marchand d'Art ne l'est, en revanche, certes pas. Un esthète, avant tout, un curieux qui cherchait la peinture comme on cherche de l'or. Un idéaliste, humaniste fougueux et emporté, capable d'amitié et de fidélité, dans un monde où la parole ne semble exister que le temps d'être prononcée et aussi vite oubliée.

De 1997 à la moitié de l'année 2004, nous avons cultivé une amitié haute en couleurs, faite de discussions sans fin, d'avis partagés, de fous rires, de livres graves, de disputes sans lendemain, de goûts et dégoûts en commun.

Et la peinture dans tout ça ?

Elle a trouvé une place de choix dans la galerie qu'il a créée : Astarté.
Jusqu'en 2003, il l'a exposée, présentée, défendue contre vents et marées économiques.

Il a fini par laisser l'étoile s'éteindre, un an avant sa disparition, que je ne peux m'empêcher de lier à cette douloureuse capitulation.