Née dans les années 60, l'image formelle a toujours conduit sa main au gré d'un monde imaginaire tout à fait personnel et original.
A tel point qu'il lui a été déconseillé de subir l'influence d'un maître ou d'une école, ce que son esprit a tout à fait assimilé comme une loi. Donc, un parcours autodidacte, au rythme de l'artiste et de ses découvertes.
L'axe pictural déjà tracé depuis l'enfance, elle a navigué entre l'illustration, la conception de murs peints publicitaires en trompe l'oeil, l'architecture à Paris (Beaux Arts), et un retour à la peinture depuis 1990, qu'elle n'avait d'ailleurs jamais vraiment quittée.
C'est ainsi que dans son esprit, un univers étrange est né de toutes ces fluctuations et certainement de ses voyages. L'inspiration au gré de tous ces visages croisés, une impression globale de l'être humain, parfois inachevé, ambigu, asexué, dans les profondeurs du non-dit. Le regard au delà des apparences, en contre-pied, peut être en réaction à un monde où le beau se doit d'être beau.
Elle situe ses personnages dans des situations intemporelles et ambiguës qui leur procurent force et profondeur irradiante. Les yeux sont entrouverts, perdus dans le lointain, conférant aux figures un certain abandon, une relativité quant aux choses quotidiennes.
Ses créatures semblent voir au-delà des murs, insensibles à toutes remarques négatives.
Une façon comme une autre pour l'artiste d'exprimer ce qui est si difficile à expliquer, de représenter ce qui ne se voit qu'au delà de l'apparence. Elle nous entraîne dans un univers où ses fantasmes dévoilent des vérités cachées.